L’auteur

 

Patrick Ducher a découvert Pink Floyd avec l’album The Wall à sa sortie en 1979. S’il n’a pas eu la chance d’écouter le groupe en « live », il a vu David Gilmour à la saline royale d’Arc-et-Senans le 23 juillet 2016, Roger Waters le 9 mai 2018 à la Halle Tony Garnier de Lyon et Nick Mason au théâtre antique de Fourvière, également à Lyon le 21 juillet 2019. Il est membre actif du groupe Facebook « Tu sais que tu es fan de Pink Floyd quand … ».

Pendant plus de deux ans et demi, il a entrepris un important travail de recherche documentaire et de recueil de témoignages afin de se lancer dans un ambitieux projet : écrire un livre sur Pink Floyd en France et raconter l’histoire du mythique groupe britannique à travers la presse rock, les concerts et les fans. 

Journaliste d’entreprise freelance, Patrick Ducher a aussi co-écrit « Le Prisonnier, une énigme télévisuelle » (éditions Yris) consacré à la célèbre série télé britannique avec Patrick McGoohan.

 

Patrick Ducher, en bonne compagnie.

 

Patrick, comment t’est venue l’idée de te lancer dans le projet de « Pink Floyd en France » ?

Pendant l’été 2018, dans la verte campagne normande, je feuilletais un vieux numéro de Best (celui avec Waters à Pompei en couverture) en me disant « Tiens, j’ai quelques vieux magazines, ça serait intéressant de compléter ma connaissance sur le sujet floydien ». Si on m’avait dit que j’allais empiler environ 300 revues papier et que la démarche allait prendre 3 ans, je ne l’aurais jamais fait ! Le déclic, l’inspiration originelle, m’est venue en lisant le livre de Richard Houghton « Pink Floyd I was there », un recueil de témoignages « bruts » de fans anglo-saxons. Des histoires extraordinaires. Par la suite, j’ai lu que Nick Mason, le batteur, avait dit que le groupe devait beaucoup à la France. L’idée a fait son chemin, petit à petit, de raconter l’histoire du groupe d’une autre façon. Mais laquelle ? Ni purement biographique – il existe pléthore d’ouvrages – ni forcément exhaustive mais à travers un prisme (rires) plus réduit car le sujet est gigantesque.

 

Tu as passé plus de 2 ans et demi à écrire cet ouvrage. Quelles ont été les principales phases ?

A vrai dire, je ne suis pas parti bille en tête avec un plan. J’ai commencé par accumuler des revues et des livres de manière compulsive en ayant vaguement l’idée de faire quelque chose à un moment donné, mais sans plus. J’ai eu la chance énorme de pouvoir compter sur des aides précieuses, d’échanger avec des collectionneurs émérites qui ont bien voulu m’aider à compléter mes sources. Les recherches ont duré en gros 2 ans et c’est ensuite que j’ai commencé vraiment la rédaction, qui a duré un peu plus d’un an et demi.

 

Tu as regroupé énormément de témoignages de fans. Comment as-tu procédé pour les recueillir ?

J’ai intégré le forum « Tu sais que tu es fan de Pink Floyd quand… » créé par Julien Richard en mai 2018. Je pensais connaître assez bien Pink Floyd, sans pour autant être un « die-hard » fan. J’ai fait connaissance de gilmouristes, de watersiens et quelques « maçons » (poke pour ceux qui ont fait la queue au concert de Nick à Lyon en 2019). J’ai repéré des fans assidus que j’ai ensuite contactés directement pour leur soumettre mon idée de recueil de témoignages. J’ai ensuite creusé un peu plus le sujet. Les échanges se sont déroulés par téléphone, en visio, via un questionnaire, ou de visu. Au total, j’ai amassé près de 100 retours.

 

Quelles ont été tes principales satisfactions et difficultés pour réaliser ce livre ?

La satisfaction de découvrir des informations sur le groupe que je ne connaissais pas, d’échanger avec des fans de la première heure qui m’ont raconté « ces années-là », de découvrir des sonorités jamais entendues grâce à des bootleggers émérites… Les plus grandes difficultés : faire le tri, hiérarchiser l’information, écarter certains documents au profit d’autres. Et encore… Je crois savoir que si l’intégralité de mon texte avait été publiée, le livre aurait fait 800 pages !

 

Tu avais déjà vécu une expérience éditoriale avec un livre consacré à la série le Prisonnier. En dehors du thème traité, en quoi Pink Floyd en France a été différent pour toi ?

La série « Le Prisonnier » fut un phénomène ponctuel. Elle a été diffusée au Royaume-Uni le temps de 17 semaines (autant qu’il y avait d’épisodes) en 1967-68 mais a donné lieu à quantité de thèses, de fanzines, de morceaux de musique, de clins d’œil (Les SImpsons entre autres) etc. C’est ce qu’on appelle une série « culte ». Elle continue de faire parler d’elle plus de 50 ans plus tard. Idem pour Pink Floyd, sauf que l’histoire du groupe s’étale sur une période bien plus longue ! « Pink Floyd en France » est de loin le plus gros projet sur lequel j’ai travaillé. Il y a des similitudes sur les deux sujets : ils englobent des passionnés, des collectionneurs, des « experts ». Analyser la mécanique des comportements et de ces passions me passionne.

 

En imaginant que ce soit à refaire, que changerais tu dans ton approche ou ton écriture ?

Un livre sur ce sujet traité de cette façon n’existait pas avant. Je suis content d’avoir imaginé cette approche, d’avoir aussi, j’espère, rendu un hommage aux « tribute bands » qui font perdurer cette belle musique. Ce fut un rêve… qui va continuer, car maintenant, il faut porter ce livre auprès d’un lectorat. En effet, « Pink Floyd en France » ne s’adresse pas qu’aux seuls fans du groupe, mais aussi aux curieux, aux amateurs de classic rock, de pop, de prog, de musique quoi ! Je ne changerais donc rien du tout. Ce fut une aventure humaine fantastique, je me suis fait de nouveaux amis pour, au final, voir mon travail publié. Il fallait aussi être un peu dingue pour soutenir ce projet. Chapeau Eclipse Editions !

 

Et sinon, tu savais, toi, que Pink Floyd ça ne veut pas dire « flamant rose » ?

Ah, on m’aurait menti ? (rires) L’échange avec Jean-Marie Leduc, l’auteur du tout premier livre au monde sur Pink Floyd (et initiateur de la signification erronée du nom du groupe. Ndr) et qui préface le mien, est fascinant.

 

NB: Patrick a également inversé les rôles pour interviewer à son tour l’équipe d’Eclipse Lilly Editions. Ces échanges sont à lire ici